L'OFFRE DE FORMATION DOIT INCORPORER L’INTERCULTURALITÉ

L'OFFRE DE FORMATION DOIT INCORPORER L’INTERCULTURALITÉ

Nous vivons dans un monde en mutation, caractérisé par l'invasion, dans notre quotidien, de nouvelles technologies censées améliorer notre qualité de vie, nous rendre plus efficaces et nous faire plus heureux. 

Tout y est pour qu'il en soit ainsi mais, ..... , l'homme est un animal qui a besoin de repères tant philosophiques ou spirituels que culturels, socio-économiques, territoriaux ou alimentaires, pour être bien dans sa peau et vivre heureux. 

Cependant, la nouvelle donne technologique, nous oblige à côtoyer des personnes en mobilité professionnelle constante, des nomades de forte adaptabilité parlant différentes langues, mangeant n'importe quoi à n'importe quelle heure et utilisant dans leurs conversations des références flues et dans un jargon "franglish" où les nouveaux paradigmes s'appellent "cash", "management", "coach", "placement", "volatilité", "leverage", "black friday", "it's out", ... , ou "transversalité", "transférabilité", "transposition", "titrisation", "sicav", "inclusion", etc. Tout un ensemble d'expressions et de concepts, que nos concitoyens ne peuvent pas reproduire avec le vrai sens historique de chaque mot, leur pensée est donc dépossédé d'une racine identitaire, plus nécessaire que jamais pour accompagner les mutations sociales sans subir l'acculturation et une forme d'anomie marginalisant.

Cette situation décrit, malheureusement, la société actuelle. Une société que se polarise entre les multiculturels, généralement cloisonnés dans leurs cercles et tours d'ivoire, et d'un autre côté, les déracinées qui n'ont jamais réussi à pénétrer les barrières invisibles du multiculturalisme, lequel, en prenant le pouvoir et l'espace social de la communication, les a marginalisés davantage.

Vivons-nous une situation irréversible ?  

Si nous considérons que le sujet intéresse au plus haut point les universités, les think-tanks, les entreprises, les OING et les organisations telles que l'UE, le Conseil de l'Europe, l'ONU ou l'UNESCO, nous comprenons tout d'abord qu'i s'agit d'une affaire importante et, en suite, qu'on n'a pas encore trouvé une solution satisfaisante.  

La CCLAM et la formation aux compétences interculturelles

La Chambre de Commerce Latino-Américaine (CCLAM), dont les équipes de travail réfléchissent depuis longtemps sur la place des compétences interculturelles dans la formation, est depuis 2014 partenaire du Comité Mondial pour les Apprentissages, qu'organise un Forum Mondial sur ces sujets tous les deux ans, avec la participation d’experts de toute la planète. L'objectif du partenariat de la CCLAM avec le CMA est de réaliser une analyse prospective sur l’éducation et sa relation avec le monde de l’entreprise et le développement durable car l’éducation et les apprentissages jouent un rôle fondamental en faveur de l’épanouissement de l’individu dans le cadre socio-professionnel déterminé de plus en plus par la mobilité des personnes.

Si nous partons du fait que « Tout homme a droit à se réaliser comme individu par le travail, par l’apprentissage et par la transmission de ses expériences, de manière digne et responsable avec son environnement sur un territoire donné ». Et que ces principes, il peut les développer de manière individuelle et collective, par voie des associations de personnes ou par voie de création de structures organisées, c’est-à dire, des entreprises, nous comprenons mieux l'importance de développer les compétences interculturelles dans la formation, car les entreprises, pour améliorer la création de valeur et faire face à la concurrence, finissent par provoquer la division du travail, modifiant l’usage des compétences que chacun a en soi, limitant le développement et l’épanouissement de la personne.

Nous ne pouvons que constater que les Nouvelles Technologies ont accéléré le processus de globalisation de l’économie, augmentant la mobilité des travailleurs entre les unités d’exploitation de différents secteurs et entre différents territoires où des conditions juridiques, financières et culturelles très variées, transforment les conditions de travail, produisant une perte nuisible  des repères culturels, ayant comme résultat le cloisonnent les individus et des sociétés multiculturelles où il y a plus de juxtaposition de cultures que d’interaction interculturelle entre les membres des différentes communautés, limitant – au sein de l’entreprise - l’épanouissement de la personne et le développement de ses compétences professionnelles.

Pour résoudre ce paradoxe il n'y a que l’éducation et l’apprentissage !

Les entreprises, pour garantir un travail durable, dans les conditions décrites, doivent incorporer à la formation donnée aux employés tout au long de leur vie, les concepts de transversalité et d’interculturalité, car la mobilité du travail est toujours confrontée au besoin de développer les compétences adéquates pour traduire l’implicite de chaque culture dans l’explicite d’une communication professionnelle optimale, autrement dit, dans le besoin de ce catalyseur qu’est l’interculturalitédans l’application transversale de compétences tant techniques que managériales. Il s’agit donc d’un objectif, à court et moyen terme, réalisable si nous arrivons à impliquer « les seniors » dans la conception et réalisation de formations conduisant vers l’interculturalité.

Pour aborder ce sujet, comme nous l’avons annoncé au départ, nous devons appliquer une optique multidisciplinaire, basée sur une rétro alimentation constante entre : connaissance – action – expérience – évaluation – organisation/modélisation – transmission – connaissance – stratégie – action - … -, et une optique transversale. En plus, nous croyons que l’expérience des « seniors » dans l’application de ces principes est fondamentale pour la réussite de ce modèle de formation-apprentissage.

Pour y arriver, notre partenariat "Chambre de Commerce - Comité Mondial des Apprentissages", est essentielle. En effet, à notre expérience en tant que Chambre de Commerce spécialisée dans l’accompagnement des sociétés vers les marchés latino-américains, s’ajouteront les compétences de conception pédagogique du CMAtlv et son fonctionnement en réseau. Les compétences mises en valeur par les deux institutions touchent les négociation de contrats, la médiation stratégique, la gestion de la qualité et débouchent sur une approche interculturelle des relations économiques et sociales que seulement l’expérience internationale peut en donner. 

La CCLAM , avec le Know-How du CMA et sa propre expérience, a développé trois types de formations: Formations techniques, Formations culturelles et Formations Interculturelles, étant ces dernières celles qui concernaient le développement des compétences que permettent à une personne de comprendre, dans un cadre professionnel, les messages et consignes émanant d’une autre culture et de traduire dans un langage explicite commun à tous, des éléments implicites de sa culture, afin de rendre opérationnelles et efficaces les corporations caractérisées par la mobilité des ressources humaines originaires de spectres culturels différents.  Nous avons établis 5 phases:  :

1.- Du premier rencontre à la situation de collaboration ou de négociation. La nécessité d’application de compétences et connaissances transversales du domaine technique pour créer des liens. Principes à respecter, dangers et opportunités.

2.- La constitution de réseaux interculturels, la configuration des équipes de secteurs et cultures différentes et l’animation des équipes autour d’un projet

3.- Principes et gestion de l’évaluation des risques interpersonnels et des risques systémiques. Critères pour la sélection des paramètres et pour l’analyse des résultats.

4.- Le modèle d’analyse des compétences interculturelles : ALPHA – PARIS. L’association de l’analyse linguistique à l’analyse comportementale. Applications pratiques

5.- Exemple de médiation interculturelle. Développement, analyse et conclusions.

Pour finir, il est important rappeler l'importance de l’incorporation de ces principes dans la formation et les apprentissages délivrés par les entreprises en interne et qui pourraient donner lieu, en plus, à une certification reconnue, permettant le développement et la transmission des compétences nécessaires pour faire face aux conflits de la globalisation, cause principales de la multiculturalité qui fait perdre la cohésion aux sociétés traditionnelles en transformation, rendant moins claires leurs valeurs et cloisonnant leurs connaissances, avec le risque de affaiblissement et de manipulation potentielle de leurs structures sociales et politiques que, des fois, peuvent les conduire vers l’irrationnel et l’explosion sociale (nous pouvons observer ce phénomène en Europe et en Amérique Latine).

L’Europe, nous le constatons, se débatte entre les deux modèles, car étant une société multiculturelle, elle lutte pour établir une identité et une certaine interculturalité à travers des programmes comme Erasmus, pour créer une communauté d’objectifs et des entreprises fortes où l’humain et donc l’interculturel est au centre du processus de création de valeur.

Depuis la CCLAM et le CMAtlv, nous essayons d'apporter notre contribution pour une meilleure Europe. 

Nous vous invitons à participer dans le VIème Forum Mondial qui se tiendra à Bruxelles, le mois de juin 2021. Entrez dans notre web et inscrivez-vous : https://www.cmatlv.org/fr-evenements

José Francisco RODRIGUEZ QUEIRUGA

Economiste

Président de la CCLAM

Secrétaire Général du CMAtlv

Administrateur du CITI